
Métro Charonne, 12h37
Gisèle Bosquet avait 36 ans, en 1962, ce 8 février. Elle pouvait manifester parce que c'était un jeudi. Sa fille, qui n'avait pas classe, était chez sa grand-mère. Elle raconte le chaos, quand les forces de l'ordre ont chargé. "Les gens tombaient, tombaient" sur les marches de la bouche de métro. Elle s'est réfugiée, au 184 boulevard Voltaire, au 6ième étage, chez une vieille dame. Il y avait une vingtaine d'autres manifestants dans l'appartement, et beaucoup plus dans l'immeuble. "On était peut-être 100 là-dedans!"

"Les policiers étaient comme drogués" décrit Raymond Cariou. Ils poursuivaient les manifestants dans tout le secteur, jusqu'à la rue de la Roquette. "On se réfugiait où on pouvait. Ils nous poursuivaient jusque dans les cages d'escalier." 9 personnes sont mortes, ce 8 février 1962, pendant la manifestation anti-O.A.S.
5 mois plus tôt, au moins des dizaines d'Algériens venaient d'être tués à Paris, par les forces de l'ordre, le 17 octobre 1961 et dans les jours qui ont suivi. Raymond se souvient de cette période. "Il y avait des rafles, le matin, vers 7 heures, dans les hôtels. Ils prenaient les Algériens, et on ne savait pas ce qu'ils devenaient."

Dans le métro Charonne une plaque rend hommage à la mémoire des victimes.
par Jules Lavie
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histoire